Le 4 novembre 2012, une publicité m’invitant à une exposition sur l’histoire du peuple palestinien, de la Nakba, (catastrophe en arabe, début de l’exil palestinien), attire mon regard. Le texte évoque une exposition sur la création de l’Etat d’Israël de 1948 jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi ne pas s’y rendre? Les commentaires au bas des photos me laissent sans voix ! En résumé, leur message remet en cause le vote de l’ONU du 29 novembre 1947. Les textes sont accompagnés par d’images impressionnantes, de Juifs arrivant massivement en Palestine, sur des bateaux anglais. Transports organisés par les Etats européens pour se donner bonne conscience suite à la Shoah. Les hordes juives se lancent à l’attaque des paisibles villages palestiniens; 500 villages sont détruits et 750’000 Palestiniens doivent fuir l’épuration ethnique en Egypte, en Transjordanie, en Syrie et au Liban. Toute cette violence et ces actes barbares se déroulent avec la complaisance des offices onusiens et des puissances occidentales. En clair, les Juifs deviennent bourreaux et font subir aux Palestiniens ce qu’ils ont subi en Europe sous le régime nazi. Actuellement, six millions de Palestiniens attendent que justice soit faite, que les nations leur donnent un pays, la Palestine nettoyée des Israéliens. Cela laisse perplexe. Ce message correspond-t-il à un minimum de vérité historique?
Je prends conscience que l’histoire du Proche-Orient est très mal connue. Cette région du monde est pourtant mentionnée tous les jours dans nos médias. Pour celui qui suit avec perspicacité les informations politiques des pays de cette région, la situation ne semble pas se calmer. Pourquoi? L’histoire et le contexte dans lequel les Juifs ont réalisé leur nation sont inconnus, passés volontairement sous silence. Il y a tellement d’enjeux politiques et surtout financiers qu’il faut se garder de la falsification de l’histoire. Certaines autorités veillent à maintenir le révisionnisme coûte que coûte. Que deviendraient sinon les milliards de dollars versés par l’UNRWAPR (United Nation Reliefs and Works Agency for Palestine Refugees)? Le président Yasser Arafat avait à sa mort la plus grande fortune privée de tous les chefs d’Etats de son époque. Pourquoi? Être président d’un peuple affamé et inculte, rapporte gros! Et ce n’est pas le multimilliardaire Khaled Mechaal, ancien maire de Gaza, qui dira le contraire. Aussi longtemps que la société accepte de verser l’argent sur des comptes où 70 % de la somme disparaît sans laisser de traces, sans que soit établi si les objectifs ont été atteints, il n’y aura pas de réforme. Mais est-ce une raison pour que la vérité ne soit pas dite? Non, en aucun cas!
Trop souvent montrées d’un doigt accusateur, les autorités israéliennes doivent se justifier, car le monde oublie la réalité, donc la vérité. De nombreuses condamnations de l’ONU concernent la jeune nation, qui est pourtant une authentique démocratie, la seule du Proche-Orient. Pourquoi? Les Arabes israéliens siègent avec les autres députés à la Knesset (parlement d’Israël) avec des droits identiques. Ceci n’empêche pas que les dictateurs du Hamas soient écoutés, leurs messages largement publiés dans les médias. A l’opposé, les arguments du premier ministre Benyamin Netanyahou sont discutés, analysés, interprétés avec malveillance, jusqu’à la calomnie. Encore une fois: pourquoi? Mais en fait, les autorités des nations connaissent-elles l’histoire d’Israël et les aspirations des Juifs? Ces derniers ne veulent-ils pas simplement vivre libre et selon les valeurs de la Torah? La vérité historique est-elle importante dans le cadre des négociations pour la paix israélo-palestinienne? Pourquoi les politiciens de l’ONU estiment-ils ne pas avancer dans ce dossier? Existe-t-il des événements du passé qui bloquent les négociations? Des réalités du passé volontairement oubliées et gardées sous silence? Pourrait-on parler de vérité muselée?
La vérité sous-entend les actes de l’ensemble des acteurs. Il en est un, qui est censuré dans la société occidentale, tenu à l’écart de la vie cultuelle, jamais subventionné, qui passe pour désuet. Ceux qui en parlent sont pris pour des empêcheurs d’évoluer aux idées préconçues et antédiluviennes. Et pourtant de la Bible viennent les prophéties, plus claires que n’importe quelles prédictions de Confucius, de Georges Orwell, de Madame Soleil ou autre augure. Celui qui veut comprendre ce qui se passe au Proche-Orient sera émerveillé de constater qu’il y a des siècles, des hommes ont été inspirés par l’Esprit du Dieu Créateur et éternel, qui se nomme aussi Dieu d’Israël. Ces écrivains ont transmis des paroles de sagesse, mais aussi des informations d’une précision telle, que tout doute lié au hasard est spontanément balayé. Par exemple, il y a 2800 ans, Esaïe a écrit : Qui sont ceux qui comme des colombes volent vers le colombier ? Esaïe 60.8 Quelle belle image pour annoncer que la majorité des Juifs reviendront en avion dans leur pays.
Premiers contacts
Durant l’accomplissement de mon service militaire en 1976, un évènement m’avait spécialement marqué. Avec mes camarades nous avions regardé le film Raid sur Entebbe1. L’action militaire était efficace et audacieuse, réalisée par des hommes courageux et d’une bravoure exceptionnelle. Qui étaient ces gens? Des surhommes, des fanatiques? Ils venaient de divers pays, parlaient diverses langues et avaient un pays en commun, Israël.
Mon cœur brûlait pour ce pays, je devais aller le visiter. Lorsque j’en ai parlé à ma mère, elle a spontanément fondu en larmes: Mon fils, je ne t’ai pas enfanté pour que tu ailles mourir là-bas. Israël, terre des attentats, de la violence, de guerres et de terrorisme. Pourquoi veux-tu aller là-bas? En plus, nous ne sommes pas Juifs!
J’avais envie de découvrir cette nation, formée d’habitants de cent vingt-trois pays du monde. Comment pouvaient-ils vivre ensemble? Quel était leur ciment? La Bible parle régulièrement des fils d’Israël, mais cela faisait presque deux mille ans qu’ils étaient dispersés dans le monde entier.
Des orateurs, pasteurs, docteurs en théologie, parlaient avec amour de ce pays différent de tous les autres. Certains évoquaient des prophéties bibliques accomplies. D’autres voyaient d’un bon œil que le désert soit cultivé, d’autres relevaient que les ruines de cités anciennes étaient rebâties.
Sans le sou, j’ai demandé à une agence juive pour volontaires les conditions d’admission dans un kibboutz. Les mécaniciens de précision (ma formation) étaient des personnes rares et très recherchées. Pour un engagement de trois mois, six heures de travail par jour, mon billet aller-retour était payé par le kibboutz, de l’argent de poche et diverses excursions à travers Israël en plus. Sans hésiter, je me suis engagé pour cette courte période à l’étranger.
Au kibboutz
Janvier 1977, l’accueil en Haute Galilée a été sympathique. C’est dans un véhicule de transport de moutons, assis sur des bottes de foin que j’ai voyagé de l’aéroport international de Lod jusqu’au kibboutz agricole de Hulata. Je me sentais très à l’aise, prêt à découvrir la vie dans une contrée totalement inconnue. Je cherchais partout les montagnes du Golan, proches de mon kibboutz. Je me rappelle ma déception quand Aaron, le responsable des volontaires m’a dit: Mais elles sont juste là, en face de toi. Pour moi, habitué aux alpes, ces montagnes étaient à peine des collines.
La seconde déception: le Jourdain. Selon ma carte géographique, entre les montagnes du Golan et le kibboutz devait couler le plus grand fleuve d’Israël, celui dont l’écoulement s’était arrêté pour laisser passer le peuple à son entrée dans la terre promise. Avec un ami, nous avions marché jusqu’au bas du Golan et retour, ensuite nous avions réétudié les cartes à notre disposition pour arriver à la conclusion: cette minuscule rivière insalubre que nous avions traversée devait bien être le fameux Jourdain! A mon tour de comprendre la réaction de l’officier du roi de Syrie venu chercher une guérison chez le prophète Elie … Les fleuves de Damas ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d’Israël? 2
Mon travail à l’atelier technique du kibboutz était supervisé par Mackee. Il parlait hébreu, anglais et allemand, il avait pu fuir l’Allemagne sans ses parents en 1938 et était arrivé en Israël à treize ans, en 1939. Il était le seul survivant de sa famille. Il me disait qu’il avait eu beaucoup de chance. Moi, je pensais au fond de moi-même que c’était un pauvre gars, orphelin, ayant dû fuir sans ses parents, quel choc! C’était mon premier contact avec un monde étrange, j’étais un peu mal à l’aise, je n’imaginais pas les Juifs ainsi.
A côté de l’atelier travaillait un homme simplet. Il faisait toujours le même travail, séparer l’aluminium du métal. Il avait un aimant qui attirait le fer, l’alu restait au sol, était balayé et mis dans un autre container. Pavel n’était pas bavard, se reposait de temps en temps sur un tabouret, le regard hagard perdu dans le lointain. J’ai essayé de lui parler en anglais, en français et en allemand. Il me souriait gentiment et continuait son travail. C’était impossible de communiquer avec cet homme. Le soir, entre volontaires, nous parlions du vécu de nos journées. Etonnement, je n’étais pas le seul à être confronté à des espèces de gentils zombies, au psychisme gravement atteint. D’un côté, ils nous faisaient peur, de l’autre ils suscitaient la pitié, ils nous mettaient tous mal à l’aise.
Le lendemain, j’ai demandé à Mackee comment je pouvais m’adresser à Pavel. Il ne parle que polonais. Enfant, il a survécu dans les latrines à Auschwitz. Il semble que son père ait été fusillé sous ses yeux. Quant à sa mère, lorsqu’elle a réalisé que la chambrée allait être gazée, elle lui a dit de se cacher dans les latrines. Pavel progressait lorsqu’il est arrivé au kibboutz. Mais maintenant son état psychique est stationnaire depuis de nombreuses années. Avec ce qu’il a vécu, la souffrance a saturé et bloqué sa perception, voire sa personnalité toute entière. A nous de montrer de la compréhension pour son comportement qui n’est pas étonnant. Mais je crois qu’il est heureux dans la famille du kibboutz. C’est sa seule famille, il n’a personne d’autre au monde. J’étais scié! C’était quoi cette histoire de survivre dans des latrines?
Une autre personne nous mettait très mal à l’aise. Helena était très serviable et d’une immense gentillesse avec tous les volontaires. C’était notre mère en Israël pour les questions de santé, de l’entretien de nos habits, des pique-niques lors des sorties. Elle et son mari invitaient tous les volontaires, par groupe de trois, à de merveilleux repas festifs dans leur jardin. Le tatouage d’un numéro sur son bras suscitait beaucoup de questions parmi les nouveaux arrivés. Quelle signification cela pouvait-il avoir? Aucun volontaire n’avait la moindre idée. Un jour, l’un de nous osa la question. C’était son matricule à Buchenwald, où elle avait passé presque une année et demie, de treize et quinze ans. Tellement abusée et violentée, elle était devenue stérile. Lors de sa sortie du camp, elle pesait la moitié d’un enfant de cet âge, je crois que c’était 27 kilos!
Toutes les personnes que j’apprenais à connaître avaient soit un passé épouvantable, soit une carrière de combattant. Mais aucun ne se plaignait, tous travaillaient et le soir du sabbat, c’était la fête dans la salle à manger. Ce que je vivais n’avait aucun lien avec les supers soldats. Je faisais connaissance avec un peuple brisé par la souffrance, balafré d’immenses plaies qui cicatrisaient très lentement. L’oubli des drames vécus était impossible, les injustices et le mépris subis marquaient l’esprit des survivants. Mais malgré une mémoire encombrée d’innombrables iniquités, ces gens essayaient de vivre pleinement et profitaient des moments joyeux de la vie.
Durant ma scolarité, j’avais suivi tous mes cours avec intérêt, j’étais formé, j’avais étudié l’histoire, aussi celle de la Seconde Guerre Mondiale, mais je n’avais jamais entendu parler d’Auschwitz, de solution finale, de camps de la mort. Et me voilà avec eux à table, au travail, à la piscine. Je tombais de très haut, Israël était totalement différent de ce que j’imaginais.
Incompréhensions
Trois décennies passent. Je constate que le monde occidental continue de prendre position en faveur des Palestiniens, au détriment d’Israël. Une preuve de plus, ce soir de décembre 2012, la présentatrice de l’information de 19h30 commence par ces mots: Israël a attaqué Gaza! Je constate une fois de plus que les mentalités européennes n’ont pas évolué. Après une pluie de 400 missiles, Israël riposte ou Israël se défend aurait été plus correct.
Les médias véhiculent une image d’Israël tellement irréelle et négative. C’est de la désinformation comme si nous étions dans une dictature. Quant aux Palestiniens, ils ont carte blanche pour concrétiser les pires atrocités terroristes. Nos médias trouvent toujours des arguments pour justifier l’injustifiable. Dans la bande de Gaza, la vindicte publique remplace souvent le tribunal. Par exemple, traîner un soi-disant traître à la cause, attaché à une corde derrière leur mobylette, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Où sont les journalistes pour dénoncer l’injustice? Aucun observateur pour s’offusquer! Aucune télévision pour relayer l’acte abject! Seul un internaute palestinien exhibe fièrement sa vidéo de Gaza sur YouTube. A qui profite le crime? Israël, ma conscience est en alerte.
Et l’Eglise, quelle est sa place face à Israël? Pour de nombreuses congrégations, l’Eglise remplace le peuple juif, selon qu’il est écrit: Il n’y a plus ni Juifs, ni Grecs, il n’y a plus esclaves ni libres, il n’y a plus ni hommes ni femmes; car tous vous êtes un en Jésus-Christ 3. Comme peuple ayant tué le Christ, ils méritent ce qui leur arrive, disent les uns Je vois dans chaque réfugié palestinien, dans chaque enfant souffrant, le Christ souffrant son agonie disent d’autres. Quelqu’un m’affirmait avec une assurance implacable que le texte d’Ezéchiel 37 (le prophète emmené dans la vallée des ossements) concernait l’Eglise, mais absolument pas les Juifs, ni Israël. N’est-ce pas oublier que les auteurs de l’Ancien et du Nouveau Testament étaient tous juifs?
Dieu a-t-il effectivement rejeté son peuple? Le sionisme est-il une secte juive pernicieuse à combattre? L’Etat d’Israël doit-il disparaître grâce aux pressions internationales et laisser le terrain à la nation palestinienne?
En écrivant ces pages, j’essaie de transmettre un écrit court, qui permettra au lecteur d’avoir une idée plus ou moins complète de ce qui se déroule au Proche-Orient. Dans nos médias, beaucoup d’informations sont négligées, car jugées peu importantes. J’estime qu’en raison de ces raccourcis exploités politiquement par de nombreux journalistes, la majorité des personnes ne comprennent pas les enjeux se déroulant en terre d’Israël.
Une demi-vérité est un mensonge complet! Avec des prises de position et des mises en scène de pseudo violences, le tout puissant journaliste Charles Enderlin d’Antenne 2 a perdu sa crédibilité. L’imposture médiatique a trop duré. De longues années, des médias pro palestiniens ont déformé l’information, souvent en direct de Jérusalem. Soyons clairs, chaque vie humaine perdue dans ce conflit est de trop, qu’elle soit palestinienne ou israélienne.
Par ce livre, je veux essayer de clarifier les positions de chacun, afin que les actions ou les réactions soient accessibles et compréhensibles. Je veille à équilibrer les apports de ces textes politiques et spirituels, qui ont une influence directe sur la situation actuelle de l’Etat israélien et sur la position palestinienne.
